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 Histoire de nous [Kahi x Yoochun OS]

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Crystal Strife
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MessageSujet: Histoire de nous [Kahi x Yoochun OS]   Jeu 19 Juil - 8:06


Il est plutôt étrange de revenir dans son ancienne ville après quelques temps... Étrange n'est peut-être pas le mot juste, mais pour sûr, vous ne vous y sentez pas comme avant. Pendant des années, vous êtes descendus à cette gare, vous avez arpentés les rues comme si elles vous appartenaient et là, même si rien n'a réellement changé, tout est positionné de la même façon, ces fameuses rues sont les même, avec les boutiques à l'endroit exact où elles étaient avant, il y subsiste une aura particulière, qui vous dit que les choses ne sont plus pareilles. Vous êtes comme un étranger dans votre propre ville. Peu importe que, là où vous habitez maintenant, vous n'arriviez pas tout à fait à concevoir qu'il s'agit de chez vous... Même dans votre façon de parler et dans les accents des autres vous sentez qu'il y a un décalage, quelque chose d'invisible mais qui met une barrière entre vous et les autres habitants.
Je n'avais pourtant pas quitté Séoul depuis si longtemps que ça. Certes, la dernière fois, la neige avait tout recouvert de son épais manteau blanc, se confondant avec le ciel aux nuages de la même couleur, si bas, à perte d'horizon, comme si la terre avait voulu fusionner avec l'immensité au-dessus d'elle et, à présent, la douceur du printemps enveloppait l'air que quelque chose de vaguement humide, le soleil luisait contre les parois vitrés des grands immeubles et pour peu qu'on ai la chance d'apercevoir un morceau de nature, celle-ci était verdoyante et majestueuse. Une saison... Une saison avait suffit pour que Séoul, la ville que j'avais toujours cru posséder, se transforme en une lointaine cousine qu'on se souvient avoir rencontrer sans pouvoir pointer le doigts sur de quoi étaient ponctuée la rencontre.
Pendant tout ce temps, j'avais vécu plus au sud, dans une petite bourgade près de Daejeon, pour le travail. Promue plus jeune des éditeurs senior de ma maison d'édition, j'avais eu pour première tache d'aller superviser le travail d'un écrivain certes légendaire mais reconnu pour être capricieux. C'était un véritable défi et il exigeait de moi des sacrifices, comme ceux de vivre dans une annexe de la maison de l'écrivain pour m'assurer qu'il pensait bien son temps à écrire et non pas à jouer aux jeux d'argent ou à boire en compagnie de quelques retraités ivrognes de la bourgade en question. Le travail n'avait pas été de tout repos surtout lorsque j'émettais des objections quant à son écriture ou à une péripétie de l'histoire. Quand tout le monde vous a convaincu que vous aviez du génie, difficile d'accepter les remontrances d'une toute jeune éditrice de trente-et-un an. Ça avait été long et éprouvant et j'étais bien heureuse de retrouver Séoul, pourtant il semblait qu'il manquait désormais quelque chose. Comme si le cœur n'y était plus.
J'observai Ji Seuk face à moi, assis à table. De ses doigts encore boudinés par l'enfance, il grignotait paisiblement ses frites, sans ne rien dire. Peu d'enfants de cinq ans, j'en avais la certitude, n'était d'un calme aussi olympien que mon fils. On est habitués à ce que les gamins si jeunes crient, fassent des caprices, soit facilement distraits... Il était très différent. Peut-être parce qu'il avait été élevé en grande partie par ses grands-parents qui ne toléraient pas le moindre bruit, le moindre cheniquement. Moi aussi, plus jeune, j'avais appris à être la plus sage possible mais j'étais bien obligée de le constater, j'avais toujours été un peu plus rebelle. Ji Seuk, véritable ange tombé du ciel, était ainsi avec plus de naturel. C'était sa nature : aussi paisible que la surface d'un lac au printemps.
Mon ventre a commencé à s'arrondir quelques mois après que je me sois séparé de son père ou plus précisément, que nos routes se soient séparés. A vingt-cinq ans, je n'étais pas mariée et, carriériste, je n'avais pas l'intention de me marier. Au départ, je ne voulais pas le garder. Une mère célibataire, évidemment, ça avait crié au scandale dans ma famille. Oui, car pour les autres, cela importe peu. Quand vous vous baladez seule avec votre ventre de femme enceinte, le monde autour ignore si vous êtes mariée ou non et souvent, il est trop accaparé par sa propre existence pour véritablement s'inquiéter de celle des autres. J'ai donc pensé à avorter... Mais je n'avais pas encore une place estimable dans une maison d'édition prestigieuse à l'époque, je me contentais de corriger les épreuves de sombres manuels scolaires d'une toute petite entreprise. L'avortement coûte cher et j'ai réalisé que je portais une trace de lui en moi, quelque chose de sa personne qui ne me quitterais jamais. Je ne pouvais donc ni avorter, ni abandonner le bébé à la naissance, ni me marier, bien que tout le monde me criait alors – et me cri encore – de le faire le plus vite possible. Après, ce sera trop tard, disaient-ils. Après, personne ne veut épouser une femme qui a déjà eu un enfant et toute seule. Peu importait... Le mariage ne faisait pas parti de mes priorités et il n'en fait toujours pas parti, d'ailleurs.
C'était un autre scandale pour moi et même si j'ai à peu près redorer le blason avec mon poste haut placé entre temps, il subsistera toujours à l'évocation de mon nom un petit parfum désagréable, une effluve de déviance et de décadence, comme un fin nuage toxique que le vent balaie très lentement et dont des bribes ne pourront jamais vraiment se décrocher de l'air. Quelque chose d'irrévocable, dont on ose à peine parler et qu'on fait tout pour oublier mais qui jamais ne pourra s'effacer.
J'avais rencontré Yoochun – le père de Ji Seuk – près d'un an auparavant, alors que je venais tout juste d'être engagée pour la traduction des manuels, après avoir quelques temps était stagiaire dans diverses entreprises. Il avait dix-neuf ans et venait tout juste de rentrer à l'université. J'en avais vingt-quatre et j'avais terminé mes études en lettres coréennes modernes depuis peut-être sept mois. Déjà, il semblait qu'un monde nous séparait. Ses préoccupations quotidiennes et les miennes étaient différentes. Pourtant, nous étions plus proches que pouvaient l'être les gens de son âge et du mien et l'étincelle s'est attisé instantanément entre nous. Ambitieux et déterminés, nous savions tous deux très précisément ce que nous voulions et attendions de la vie. Nos tracas quotidiens avaient beau être comme une voie galactique infranchissable, nos aspirations et nos personnalités se mariaient à merveille. Nous étions complémentaires.
Ça a démarré très fort entre nous, la passion instantanée. Digne d'un film de Hollywood, notre attirance commune a été irrésistible et elle a littéralement pris possession de nous. Bien qu'il soit jeune, il ne se comportait pas comme un de ces étudiants à peine sortis de l'adolescence. Nous pouvions parler politique sans soucis, par exemple, pendant notre premier dîner ensemble, cela avait même été le sujet de prédilection sur lequel nous nous étions entretenus avec ferveur. Il avait de très bons goûts en matière de vin, s'y connaissait en littérature coréenne et étrangère, ainsi qu'en art et en sport – surtout le basket. Son intérieur était si propre qu'on aurait pu y manger par terre, tout était bien rangé, il ne subsistait pas la moindre trace d'une beuverie étudiante ou autre fantaisie dans le genre. Lui aussi était toujours impeccable quoi qu'il fasse et il savait éviter les jeans-baskets quand nécessaire. Pratiquement l'homme parfait, en somme...
Il n'en faut pas moins pour séduire une passionnée du raffiné telle que moi et dès le soir de ce fameux premier dîner, nous avons fait l'amour. Il m'a emmené dans son appartement boire un dernier verre de vin et à peine avions-nous pénétré dans l'entrée pour ôter les chaussures que je me jetai à son cou. Oui, moi et non pas lui... Il ne faut pas se mentir, lorsqu'un jeune homme, même comme lui, attire une femme de l'âge que j'avais alors dans son appartement, il ne fait aucun doute que c'est cela que le jeune homme a en tête et même, ce à quoi il s'attendant. Avec moi, ça aurait pu ne pas marcher, je n'ai jamais été de nature très fougueuse avec les hommes mais son charme était parvenu à opérer.
Pour cette première nuit ensemble, nous n'atteignirent jamais sa chambre. Nous fîmes littéralement engloutis, comme avalés tout entier par l'immense vague de désir qui s'empare de ceux dont c'est la première étreinte. Nous ne savions encore pas grand-chose l'un de l'autre, tout ce que souhaitait l'autre au fond de lui, tout ce que l'autre aimait et exécrait restait encore un doux mystère à percer avec l'aide du temps mais nos bouches, nos peaux et nos mains apprirent rapidement à se connaître cette nuit-là. Guidés par notre envie avide d'apprendre, nos baisers et nos caresses finirent par nous mener sur ce canapé aux coussins proprement rangés que je me délecta tout particulièrement de désordonné, tout en traçant un chemin humide sur sa peau, du bout des lèvres. Cette première nuit ensemble plus brûlante, impétueuse, tapageuse... Parfois, son souvenir se rappelle à moi dans mon sommeil. Je ressens à l'exact les sensations, les goûts et les sons. Même lorsque je serais très vieille, je pense que je m'en souviendrais encore et que les échos de cette fameuse nuit, cette précieuse nuit résonneront toujours au fond de moi, comme une mélodie entêtante.
Yoochun et moi, nous ne nous quittèrent plus, dès lors. Bien évidemment, il y avait de nombreuses fois où nous ne nous voyions pas, cela pouvait même durer plusieurs semaines. Mais un quelque chose de l'autre restait toujours avec nous, où que l'on soit. Un geste, une parole, un parfum... Une musique écoutée à deux, un film regardé main dans la main... Une trace de nous, ensemble. Lorsque je faisais quelque chose, je m'imaginais toujours qu'il était là à mes côtés, pour faire et voir cette chose avec moi. Yoochun aimait beaucoup la photo, surtout les clichés en noir et blanc. S'il allait à un endroit où il voyait quelque chose qui lui plaisait, il le capturait sur la pellicule de son appareil, le retouchait pour le passer en noir et blanc et me l'envoyait par mail. J'ai toujours dans mon ordinateur, dans un dossier secret, les photos qu'il avait prit...
Entre nous, une relation tranquille et serine s'était instaurée, peu à peu. Lorsque nous nous retrouvions, c'était surtout le soir. Les rares fois où nous avions rendez-vous en journée, nous les passions chez lui, devant la télé, sans ne rien faire d'autre que de regarder les programmes ensemble, parfois sans un mot. Parler nous était superflu... La présence de l'autre suffisait à notre bien-être. D'autres fois, nous parlions à battu rompu sans avoir à chercher de sujet de conversations précis... Les mots venaient d'eux-même. Faciles, évidents. Lorsque nous nous retrouvions le soir, c'était bien souvent pour aller au cinéma. Films d'auteur ou blockbuster, peu nous importait... Nous choisissions un film un peu au hasard, nous le regardions en nous tenant la main dans l'obscurité et nous en parlions autour d'un dîner. Nous ne faisions jamais de grosses folies mais cette simplicité nous allait parfaitement, elle correspondait à merveille à nos sentiments l'un pour l'autre.
Et pourtant, lorsque nous finissions de dîner et que nous nous retrouvions seuls dans son appartement ou le mien, la sérénité laissait place à une ardeur sans faille, à une passion que nul n'aurait soupçonné en nous regardant marcher ensemble dans la rue, côte à côte. Il n'y avait pas un seul de ces soirs où nous ne faisions pas l'amour et rarement dans sa chambre. Nous arrivions, quittions nos chaussures et sans même allumer la lumière, l'un se jetait sur l'autre comme un chasseur tapis dans l'ombre attendant le moment le plus propice pour agir et nous nous élancions dans l'exploration du corps de l'autre. Tour à tour victime ou bourreau, je me plaisais à lui faire subir mille tortures exquises ou je le laissais prendre possession de mon âme et en aspirer tout le suc en moi. Nous faisions l'amour jusqu'à l'épuisement, jusqu'à n'être plus que des coques vides, des amas de chaire essoufflés, exténués, liquoreux... Dans la chaleur et la moiteur de l'autre, nous trouvions le réconfort et une forme de bonheur qui n'appartenait qu'à nous. Je m'endormais contre sa peau et me nourrissait secrètement du parfum de sa sueur après l'amour, comme s'il avait agit là de ma fontaine de jouvence. Grâce à lui, avec lui j'étais jeune et belle et plus désirable qu'aucune autre. Grâce à moi, avec moi, il était puissant et homme tout en restant doux et enclin d'innocence propre à la jeunesse. Nous formions un tout parfaitement complémentaire... Aussi idéal que si nous avions été les âmes sœurs d'un vieux roman d'amour.
Mais nous étions tous les deux dans la réalité et victimes de son bon vouloir. Environ un an après notre rencontre vint notre rupture, contrainte et forcée par la vie, cette garce qui aime nous manipuler à sa guise, nous promettre pour nous reprendre... Yoochun avait décidé de changer de cursus. L'économie ne lui plaisait plus, trop terre à terre. Il se rêvait artiste, voulait vivre de ses photographies. Il du quitter Séoul pour Cheonan où se trouvait une école réputée dans le domaine artistique. Au début, il voulait que l'on continu de se voir... Ce n'était pas que la distance me dérangeait, c'était qu'elle risquait de bouleverser notre relation de façon significatives. Il allait rencontrer de nouvelles personnes et moi aussi. Les kilomètres entre nous allaient forcément mettre de la distance entre nous, même s'il ne le souhaitait pas. Pour autant, cette rupture ne se passa pas dans les larmes et la souffrance mais elle se fut tranquillement et en silence, comme tout le reste.
Avant qu'il ne parte, nous fîmes l'amour une dernière fois. Dans sa chambre et à la lumière du jour. Dans la douceur la plus totale qui soit. Chacun de nous a laissé son empreinte chez l'autre en s'offrant sans artifice et sans fausse pudeur. Sans n'échanger un seul mot, nos corps enlacés bougeant au rythme de l'autre, nous avons donné et prit ce que nous pouvions, avec une tendresse inestimable. Pour cette dernière fois, c'était pourtant la première fois que dans notre étreinte suave s'exprimait non pas notre désir mais notre attachement. L'amour que nous avions l'un pour l'autre et qui s'était installé sans un bruit, s'immisçant au fond de nos cœurs comme l'eau d'une nuit pluvieuse se glisse entre les pavés. Dans la nuit noir, je laissai Yoochun et notre histoire derrière moi, me glissant par la porte, avec pour seul souvenir, celui de mon parfum sur ses draps.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Oui, tout aurait pu se finir ainsi... Mais la vie, encore elle, en décida autrement. Elle me fit un cadeau, en m'offrant la possibilité d'emporter un bout de Yoochun, de lui voler une partie de lui à jamais, tout comme il m'avait volé une partie de moi sans s'en rendre compte. Même s'il a oublié notre histoire, même si le prénom de Kahi n'évoquera pour lui rien d'autre une époque révolue de son existence, moi, j'aurais toujours quelque chose de lui, autre que les souvenirs... Moi, j'aurais toujours Ji Seuk.
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